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AVANT-PROPOS

Madame, Monsieur,

Ce voyage avait pour but de faire découvrir, à des élèves d’un collège de zone d’éducation prioritaire, l’univers concentrationnaire et particulièrement le sort des déportés français pendant la Seconde Guerre mondiale.

Suite à notre rencontre avec Mme Bonnet et M. Tessier, notre choix s’est naturellement porté sur Mauthausen.

Les travaux que nous vous adressons aujourd’hui ont été réalisés par des élèves de 4° et d’un élève de 3° : il s’agit d’un dossier comprenant plusieurs articles retraçant le programme du voyage, l’histoire de Mauthausen, la vie des déportés et le ressenti des élèves exprimé à travers un poème et un film que vous pourrez retrouver sur notre site internet.

Nous vous remercions chaleureusement pour votre aide sans laquelle ce voyage n’aurait pu avoir lieu et vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération.

Les professeurs d’histoire-géographie du collège La Charme,

M. Rondet, M. Mauranne.

1) La préparation du voyage:

La visite du camp de Mauthausen a été préparée par une rencontre avec une résistante déportée qui nous a raconté la vie dans le camp de concentration de Ravensbrück (camp des femmes). Dans ce camp elles avaient une vie très difficile : par exemple elles ne mangeaient que de la soupe de betterave ou un petit bout de pain. Elle nous a fait part de ses sentiments qui nous ont vraiment touchés.

2) La présentation du camp de Ravensbrück:

Ravensbrück fut le seul grand camp de concentration réservé aux femmes. Ce fut Himmler lui-même qui, à la fin de l’automne 1938, décida d’ériger un camp de concentration pour femmes à Ravensbrück, un endroit à la fois très isolé et cependant facilement accessible, et situé dans un cadre de forêts et de lacs, avec de grands terrains étendus et inhabités. Ravensbrück était situé près de la ville de Fürstenberg, dont il était séparé par le lac de Schwedt. Il y avait une route en excellent état entre Ravensbrück et Fürstenberg, et cette dernière ville disposait d’une gare importante directement reliée à Berlin.

Fin 1938, 500 prisonniers furent transférés de Sachsenhausen à Ravensbrück afin d’ériger le camp. Ils construisirent 14 baraques de logement, une cuisine, l’infirmerie, ainsi qu’un petit camp pour hommes totalement isolé du camp des femmes. Le terrain entier fut entouré d’un haut mur surmonté de barbelés électrifiés.

Les premières prisonnières arrivèrent le 18 mai 1939. Il s’agissait de 860 femmes allemandes et 7 femmes autrichiennes. A partir de ce moment, le nombre de prisonnières augmenta très rapidement : 400 tziganes autrichiennes arrivèrent le 29 mai et dès le 28 septembre 1939, les premières prisonnières en provenance de Pologne furent déportées à Ravensbrück. Fin 1939, le camp comptait déjà 2290 prisonnières.

3) Le déroulement du voyage:

Grâce à l’association A.F.M.D et sa présidente, Mme Bonnet, nous avons participé à un voyage en Autriche puis en Allemagne, accompagnés de : Monsieur Tessier, Monsieur Rondet, Monsieur Mauranne, Madamme Lirante et Madame Garbes. Nous étions quarante trois élèves à participer au voyage. Nous sommes partis de Clermont-Ferrand le dimanche 6 avril 2008 à 15 heures et nous sommes arrivés à Linz.

Le lundi 7 avril 2008 à 7 heures du matin dans l’auberge de jeunesse. Après le petit-déjeuner, nous avons pris la route afin de visiter le camp de Mauthausen puis nous sommes allés au Musée de Gusen.

Le mardi 8 avril 2008 nous sommes partis de Linz pour aller à Salzbourg visiter la maison de Mozart puis nous sommes rentrés vers 18 heures dans les familles à Augsbourg.

Le mercredi 9 avril 2008, le matin, nous avons visité la ville de Munich puis l’après-midi nous sommes allés visiter le stade Olympique de Munich.

Le jeudi 10 avril 2008 nous avons passé la journée à Bavaria.

Le vendredi 11 avril 2008 nous avons visité le château Neuschwanstein puis nous sommes repartis pour Clermont-Ferrand.

Le camp de concentration de Mauthausen a été créé le 8 août 1938. Il se localise à 20 km de Linz en Autriche. Mauthausen était le camp principal, il possédait 49 camps annexes permanents et 10 kommandos ayant existé pour quelques semaines. Il possédait des murs de granit, il était le seul camp construit en pierre, des tours de guet avec meurtrières, des chemins de ronde, une entrée imposante surmontée d’un grand aigle de bronze à croix gammée. «C’est une ville ce camp, avec tout ce que comporte une vie organisée» précise François Wetterwald, déporté à Ebensee, kommando de Mauthausen,1995.
Environ 230.000 détenus sont passés par ce camp. Les effectifs sont d’abord constitués de criminels et d’asociaux, puis de politiques venant des Sudètes, Allemands, Autrichiens, Tchèques, Polonais, Tziganes. Après la défaite française, sont internés des républicains espagnols. Des Français, des Yougoslaves, des Italiens y sont déportés. A partir d’octobre 1943 des femmes sont internées dans des kommandos dépendants de Mauthausen. Puis le camp reçoit les évacués de l’Est, notamment des juifs d’Auschwitz, puis, particulièrement tragique, des juifs hongrois, y compris des enfants.
Leur sort est terrible : (misère physiologique, sévices de toutes sortes, fusillés ou assassinés par piqûres au coeur, pendaison, balle dans la nuque ou gaz).
«La vie d’un prisonnier ne compte pas dans un camp de concentration un homme tué, c’est un numéro qui s’efface» d’après le témoignage d’un déporté (Matricule 27870, Kommando de Mauthausen, 1995.)

Jusqu’en 1939, le travail de ces prisonniers fut la construction des habitations SS.
Mauthausen était classé, par l’administration SS, camp de « catégorie 3 ». Cette catégorie de camp correspondait au régime le plus sévère et pour les déportés cela signifie un « retour non désiré »: « Ruckkehr unerwunscht » et l’extermination par le travail « Vernichtung durch arbeit ».
«Le tavail c’est la liberté. Ici on rentre par la porte et on sort par la cheminée des fours crématoires », Georges Partouty, déporté à Mauthausen, 1995.
Toutes les activités du camp se déroulaient autour de la carrière et des constructions de tunnels dans les camps annexes de Gusen (I,II,III), Melk et Ebensee.

De 1939 à 1945 plus de 10 000 soldats SS ont servi en tant que gardes à Mauthausen et dans ses camps annexes. Les noms de 818 d’entre eux sont connus et quelques centaines ont été arrêtés par les troupes américaines. Lors du procès de Dachau le 7 mars 1946, 58 gardes furent condamnés à mort et 3 condamnés à la prison à vie. Tous plaidèrent non-coupable.

Cette illustration représente le reflet d’un des meurtres SS dans l’oeil d’un interné. Celui-ci fond en larmes. L’homme en vert représente le SS, la main ensanglantée représente la mort, l’interné tué et enfin la rose représente tous les déportés, les personnes innocentes, qui ont souffert et aussi la pureté.


A partir de la création du camp en 1938, des milliers de déportés ont été transférés dans le camp de Mauthausen. Le transport qui se faisait en train dans des wagons à bétail était terrible : les déportés étaient entassés et il y avait beaucoup de malades.

Chaque déporté possédait un bracelet ou il y avait inscrit un numéro d’immatriculation grâce auquel on les identifiait .

Les déportés portaient des vêtements en piteux état, des chaussures déchirées ou en bois et avaient des matricules sur leurs tuniques


Leur alimentation était déplorable car ils ne mangeaient presque pas à part un jus de betterave ou de l’eau de couleur beige.

Le soir, ils mangeaient un petit morceau de pain avec du jambon très sec.

Le réveil :

Le réveil se fait à 4 heures. Les déportés se lèvent en vitesse et refont leur lit. Ensuite ils se précipitent vers les tonneaux d’eau ou vers les robinets s’il y en a. Ce n’est même pas sûr d’avoir de la place pour faire une petite toilette.
Après cela il faut se diriger immédiatement dans la salle de distribution du déjeuner. Les retardataires sont souvent punis avec quelques coups.

- le petit-déjeuner

Il faut avoir une gamelle pour manger. Pas de gamelle, pas de pain. Les petits déjeuners ne sont faits que de 300 g de pain noir et de café infâme ( de l’eau chaude quasiment). Pendant la distribution les kapos et les SS s’amusent parfois à faire tomber le pain dans la boue ou à verser le café à côté.
Il ne faut pas faire tomber sa nourriture, non seulement parce que l’on aurait rien d’autre, mais aussi parce que cela est puni …

- l’appel du matin

Les déportés sont alignés par rangées de 10. Les gardes comptent et recomptent jusqu’à ce que le compte soit juste. Tout le monde est présent, même les morts de la nuit ( entassés devant les vivants ). Cela peut durer des heures dans le froid, la pluie, qu’il neige ou pas.
Si l’on bouge, on est encore puni.

Le travail :

Les prisonniers se dirigent vers le chantier à pied. Celui-ci se situe parfois à des kilomètres. Sur les lieux, si l’on a de la chance, on obtiendra un outil, sinon il faudra travailler à main nue. Le travail est très dur et stupide. Il s’agit souvent de déplacer des rochers.

- pause de midi
Un coup de sifflet indique la pause. On reçoit comme simple nourriture de la vieille soupe. Il faut essayer de se reposer. S’il reste du pain du déjeuner , le repas sera un peu mieux.

- reprise du travail
Un autre coup de sifflet et le travail reprend. A la fin de la journée qui dure 14 à 16 heures, les survivants rentrent, portant morts et blessés. Quelques coups sont distribués pour le plaisir des gardes.

- l’appel du soir
Semblable à celui du matin, il y a en plus les punitions pour ceux qui auraient mal travaillé, essayé de fuir … Les tortures sont souvent atroces. Parfois il y a des pendaisons.

- le repas du soir
On reçoit encore comme seule nourriture de la vieille soupe. Les plus courageux auront encore du pain du matin.

- le coucher
Les prisonniers se dirigent dans leurs baraques. Un garde les surveille. S’il veut, il peut les faire courir, sauter, ramper et même les battre.
La journée vient de finir, les prisonniers ont survécu un jour de plus.

Les punitions :

Mauthausen était classé par l’administration SS camp de  » catégorie 3 « . Cette catégorie de camp correspond au régime le plus sévère et, pour les prisonniers qui étaient envoyés, cela signifie un  » retour non désiré « .

Les punitions étaient infligées à la moindre désobéissance. Les détenus étaient souvent battus sans raison ; les SS se défoulaient sur eux.

Les punitions infligées par les SS étaient cruelles:

  • Pendant l’hiver, les SS plaçaient parfois les déportés dehors sans pain et sans eau, pendant trois jours et trois nuits.

Les punitions se résumaient très souvent à la mort, de façon sadique et impitoyable:

  • fusillades, pendaisons, déportés jetés contre des barbelés électrifiés.
  • Le « mur des parachutistes » est l’amusement des SS à Mauthausen: cette « punition » consiste à précipiter les déportés du haut de la Carrière.

Une autre punition à Mauthausen consistait à déshabiller les déportés, les mettre dehors en plein hiver et les arroser d’eau glaciale ce qui entraînait une mort certaine.

L’hygiène au camp :

Dans les camps de concentration, l’hygiène était déplorable, les Allemands avaient horriblement peur des contaminations.

  • Pour éviter les contaminations, ils brûlaient les corps des déportés décédés.
  • Ils rasaient les déportés de la tête aux pieds pour éviter la propagation des poux.
  • Une fois rasés, les déportés étaient badigeonnés au pinceau avec du désinfectant.

A l’infirmerie, il n’y avait aucun médicament à part une pommade noire et des pansements en papier qui ne tiennent pas.

Enfin pour ce qui est de l’hygiène quotidienne, les prisonniers n’avaient pas le droit d’utiliser les lavabos et les toilettes au milieu de leurs baraques. Mais aussi, ils devaient faire leurs besoins dans la cour, se laver sans savon ni serviette et bien sûr sans douche.

Ce film présente la visite du camp de Mauthausen par les élèves du collège La Charme guidés par monsieur Tessier. Nous vous invitons à le regarder [...]

LA CARRIÈRE

Le travail dans la souffrance

Sans aucun moyen de défense

Cela durait des heures

Pour nos pauvres travailleurs

L’ESCALIER

Pendant que nos frères montaient

Cet horrible escalier

Les Capots et les SS, eux s’amusaient

À tous les faire tomber

L’ARRIVEE

À l’arrivée des déportés

Les sans-coeurs les arrosaient

Dans le froid pendant des jours

Certains seront gelès pour toujours

LA CHAMBRE À GAZ

Après avoir été sélectionnés

À la mort ont été envoyés

Dans une petite chambre inconnue

Où à tout jamais, ils se sont tus.

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