A partir de la création du camp en 1938, des milliers de déportés ont été transférés dans le camp de Mauthausen. Le transport qui se faisait en train dans des wagons à bétail était terrible : les déportés étaient entassés et il y avait beaucoup de malades.
Chaque déporté possédait un bracelet ou il y avait inscrit un numéro d’immatriculation grâce auquel on les identifiait .

Les déportés portaient des vêtements en piteux état, des chaussures déchirées ou en bois et avaient des matricules sur leurs tuniques


Leur alimentation était déplorable car ils ne mangeaient presque pas à part un jus de betterave ou de l’eau de couleur beige.
Le soir, ils mangeaient un petit morceau de pain avec du jambon très sec.

Le réveil :
Le réveil se fait à 4 heures. Les déportés se lèvent en vitesse et refont leur lit. Ensuite ils se précipitent vers les tonneaux d’eau ou vers les robinets s’il y en a. Ce n’est même pas sûr d’avoir de la place pour faire une petite toilette.
Après cela il faut se diriger immédiatement dans la salle de distribution du déjeuner. Les retardataires sont souvent punis avec quelques coups.
le petit-déjeuner
Il faut avoir une gamelle pour manger. Pas de gamelle, pas de pain. Les petits déjeuners ne sont faits que de 300 g de pain noir et de café infâme ( de l’eau chaude quasiment). Pendant la distribution les kapos et les SS s’amusent parfois à faire tomber le pain dans la boue ou à verser le café à côté.
Il ne faut pas faire tomber sa nourriture, non seulement parce que l’on aurait rien d’autre, mais aussi parce que cela est puni …
l’appel du matin
Les déportés sont alignés par rangées de 10. Les gardes comptent et recomptent jusqu’à ce que le compte soit juste. Tout le monde est présent, même les morts de la nuit ( entassés devant les vivants ). Cela peut durer des heures dans le froid, la pluie, qu’il neige ou pas.
Si l’on bouge, on est encore puni.
Le travail :
Les prisonniers se dirigent vers le chantier à pied. Celui-ci se situe parfois à des kilomètres. Sur les lieux, si l’on a de la chance, on obtiendra un outil, sinon il faudra travailler à main nue. Le travail est très dur et stupide. Il s’agit souvent de déplacer des rochers.

pause de midi
Un coup de sifflet indique la pause. On reçoit comme simple nourriture de la vieille soupe. Il faut essayer de se reposer. S’il reste du pain du déjeuner , le repas sera un peu mieux.
reprise du travail
Un autre coup de sifflet et le travail reprend. A la fin de la journée qui dure 14 à 16 heures, les survivants rentrent, portant morts et blessés. Quelques coups sont distribués pour le plaisir des gardes.
l’appel du soir
Semblable à celui du matin, il y a en plus les punitions pour ceux qui auraient mal travaillé, essayé de fuir … Les tortures sont souvent atroces. Parfois il y a des pendaisons.
le repas du soir
On reçoit encore comme seule nourriture de la vieille soupe. Les plus courageux auront encore du pain du matin.
le coucher
Les prisonniers se dirigent dans leurs baraques. Un garde les surveille. S’il veut, il peut les faire courir, sauter, ramper et même les battre.
La journée vient de finir, les prisonniers ont survécu un jour de plus.

Les punitions :
Mauthausen était classé par l’administration SS camp de ” catégorie 3 “. Cette catégorie de camp correspond au régime le plus sévère et, pour les prisonniers qui étaient envoyés, cela signifie un ” retour non désiré “.
Les punitions étaient infligées à la moindre désobéissance. Les détenus étaient souvent battus sans raison ; les SS se défoulaient sur eux.
Les punitions infligées par les SS étaient cruelles:
- Pendant l’hiver, les SS plaçaient parfois les déportés dehors sans pain et sans eau, pendant trois jours et trois nuits.
Les punitions se résumaient très souvent à la mort, de façon sadique et impitoyable:
- fusillades, pendaisons, déportés jetés contre des barbelés électrifiés.
- Le “mur des parachutistes” est l’amusement des SS à Mauthausen: cette “punition” consiste à précipiter les déportés du haut de la Carrière.
Une autre punition à Mauthausen consistait à déshabiller les déportés, les mettre dehors en plein hiver et les arroser d’eau glaciale ce qui entraînait une mort certaine.
L’hygiène au camp :
Dans les camps de concentration, l’hygiène était déplorable, les Allemands avaient horriblement peur des contaminations.
- Pour éviter les contaminations, ils brûlaient les corps des déportés décédés.
- Ils rasaient les déportés de la tête aux pieds pour éviter la propagation des poux.
- Une fois rasés, les déportés étaient badigeonnés au pinceau avec du désinfectant.
A l’infirmerie, il n’y avait aucun médicament à part une pommade noire et des pansements en papier qui ne tiennent pas.
Enfin pour ce qui est de l’hygiène quotidienne, les prisonniers n’avaient pas le droit d’utiliser les lavabos et les toilettes au milieu de leurs baraques. Mais aussi, ils devaient faire leurs besoins dans la cour, se laver sans savon ni serviette et bien sûr sans douche.